Mot du président

Plusieurs discussions ont eu lieu ces derniers mois entre les Présidents d’Associations et le Bureau de la Fédération. Nouvelle nomenclature, entente sur les PREM et les PEM, inscriptions de patients en lien avec l’entente sur l’accessibilité pour contrer la Loi 20 (adoptée, dois-je vous le rappeler) et autres sujets de discussion… J’attendais d’avoir des certitudes avant de vous revenir avec les informations.

PEM*

Le 16 décembre dernier, le ministre Gaétan Barrette a transmis aux PDG des Centres intégrés de santé une directive concernant les plans d’effectifs médicaux en établissement (PEM). Cette directive, relayée aux différents médias, a suscité de nombreuses inquiétudes légitimes principalement chez les résidents et jeunes médecins. S’en est malheureusement suivi une campagne de désinformation, alimentée par quelques médecins, au sujet du rôle joué par la FMOQ dans l’envoi de cette directive. Des précisions s’imposent.

Les PEM sont non négociables et relèvent exclusivement du MSSS. De ce fait, aucune entente n’a été conclue, publique ou en cachette, entre la FMOQ et le gouvernement concernant les effectifs médicaux en établissement pour les médecins de famille. Vrai, la FMOQ a été consultée et elle a affirmé qu’elle souhaitait voir maintenue la place qu’occupe les médecins de famille dans les domaines qui leurs sont propres (urgence, obstétrique, longue durée et hospitalisation). L’attrition progressive de 20% du nombre de postes pour les médecins de famille en établissement est une décision ministérielle exclusivement. La FMOQ, pour sa part, continuera à s’assurer que les médecins de famille comblent adéquatement les besoins de la population, que ce soit en établissement ou en clinique (première ligne).

Il est très important de comprendre qu’aucun médecin de famille ne se fera montrer la porte d’un établissement ! De surcroit, s’il devait s’avérer qu’un besoin additionnel dans un secteur relevant de la médecine de famille devenait nécessaire, le PEM de cet établissement pourra même être rehaussé. On met simplement fin aux automatismes de se tourner constamment vers les médecins de famille dès qu’il y a des besoins en établissement. On regardera aussi, dorénavant, les effectifs en spécialités.

Cette règle s’applique à tous les omnis, pas seulement aux plus jeunes. Parler de « sacrifice » des jeunes médecins m’apparaît inapproprié. Le temps n’est pas à la division intergénérationnelle, mais à la cohésion entre tous les médecins pour combler les besoins de la population et répondre

positivement à l’entente sur l’accessibilité. Honnêtement, dites-moi ce qu’il y a de mal à cette idée en 2016, alors que plus de 1 million de québécois se cherchent un médecin de famille et que ceux qui en ont un nous disent souvent être incapables de le voir lorsqu’ils en ont vraiment besoin?

Bien sûr, comme ce fut le cas à certaines périodes antérieurement, les règles changent pour les futurs médecins de famille. Mais nous sommes dans un contexte de médecine sociale, et répondre aux besoins de la population en est un juste corollaire.

Nouvelle Nomenclature

Les négociations pour la réécriture de la facturation en cabinet vont bon train. Oubliez cependant une mise en application pour le premier avril. Impossible. Bien que tout pourrait être réglé pour cette date, la RAMQ demandera du temps additionnel pour modifier son système informatique. Ces dernières années, cette même Régie nous a parfois demandé jusqu’à 6 mois pour mettre en application certaines ententes… C’est vous dire. Au mieux, cette nouvelle nomenclature pourra voir le jour le ou autour du premier juin.

Je vous rappelle que cette refonte concerne les « examens » (ordinaire, complet et complet majeur) et ne touche aucunement aux « actes ». Le counselling tabagique sera le seul acte à disparaître. L’intervention clinique demeure, avec possiblement des modifications mineures sur le temps de facturation et un possible plafonnement sur le nombre d’interventions par jour. Je vous reviendrai là-dessus.

Je vous avisais déjà antérieurement que cette nouvelle nomenclature en cabinet aura un tarif différencié selon le nombre d’inscriptions de patients. Ceux ayant 500 patients et plus auront droit à une majoration. Nous avons discuté longuement sur les mesures d’exception qui pourraient permettre aux médecins de se soustraire à cette règle. Vous avez été nombreux à m’écrire à ce propos. Il faut comprendre que nous avons actuellement une entente sur l’accessibilité qui nous a permis la mise en suspens de la Loi 20. Cette entente nous oblige à vider les guichets, donc à inscrire des patients. On ne doit pas y échapper. Décembre 2017 demeure la date butoir.

La formation en accès adapté nous indique qu’un médecin peut normalement suivre 200 patients par période de 4 heures. Donc, 12 heures devraient permettre d’atteindre le chiffre magique. Nous avons convenu de limiter le plus possible les exceptions. Seulement deux. Pendant la première année de pratique et les médecins ayant une expérience professionnelle d’au moins 35 années. Ces deux demandes n’ont toujours pas fait l’objet d’une entente et demeurent en discussions au moment où je vous écris. Pour tous les autres, vous aurez à faire la preuve auprès du comité paritaire de votre incapacité à travailler au moins 12 heures par semaine en cabinet. Comprenons ici que si vous avez décidé de faire un certain type de pratique qui vous empêche de travailler en consultation de première ligne, cela relève d’un choix personnel et ne pourra être considéré comme une mesure d’exception.

Le directeur des affaires professionnelles de la Fédération, Dr Michel Desrosiers, donnera ce printemps une formation sur cette nouvelle nomenclature. Initialement prévue pour le 22 avril, cette formation a du être déplacée afin de ne pas entrer en conflit avec une formation organisée

par les médecins d’urgence. Elle aura donc lieu le 7 avril prochain, un jeudi soir. Je vous invite à y assister en grand nombre, ça pourrait vous concerner…

AGA 2015

Nous nous sommes retrouvés plus de 120 personnes au souper de l’assemblée générale annuelle de novembre dernier. Un franc succès ! On récidivera le 11 novembre prochain, à nouveau un vendredi, ce qui semble faire le bonheur de plusieurs.

Le prix jeunesse de cette année fut remis au Dr Julie Blanchard, notamment pour son implication en première ligne et en soins de fin de vie. Dr Jacques Trudel s’est vu décerné le prix honorifique 2015 pour l’ensemble de son œuvre mais surtout pour son implication dans sa communauté. Il continue d’ailleurs à œuvrer en soins de fin de vie à Magog. Félicitations aux deux récipiendaires.

Je vous reviens rapidement sur les inscriptions, patients orphelins, GACO et autres…

Alain Demers, md Président
AMOE

* Le texte sur les PEM est en partie une copie, légèrement modifiée, du mémo du Dr Michel Vachon, président de l’AMOM, du 22 janvier 2016